Contrôle récit 

Contrôle récit

 
  1. Commentez la description suivante
 
On est ici en face de la description d’une rivière couverte d’un brouillard « blanc très épais », « opaque », « une brume épaisse » ou « nappe de coton d’une blancheur singulière ». Le seul éclairage de cette scène est la lumière de la Lune qui rend « la plaine toute pâle » et dessine « de grandes tâches noires » à cause des arbres. Tous ces éléments tendent à instaurer une ambiance angoissante, inquiétante et la visibilité réduite du personnage « très épais », « coton », « enseveli », « opaque », « je ne voyais plus le fleuve, ni mes pieds, ni mon bateau », « cachée » confirme cette idée. Le brouillard a également un caractère opprimant : il enveloppe le personnage qui nous fait par de ses sentiments « malaise horrible », « tempes serrées », « mon cœur battait à m’étouffer », « frissonner d’épouvante »,  « râlant de peur ». Tous ces éléments et en particulier le fait que la vision est réduite sont propres au fantastique et à l’étrange comme le confirme « il me venait des imaginations fantastiques » et «  pleine d’êtres étranges ». Cette hypothèse est d’autant plus consolidée lorsqu’on note le nom de l’auteur : Maupassant, célèbre pour ses nouvelles fantastiques.
 
  1. Repérez les indices du cadre spatio-temporel. Commentez
 
On remarque dans ce texte, l’omniprésence des indices de lieu qui sont extrêmement précis : « l’avenue des Champs-Élysées », « les fortifications à la porte Maillot », «  au rond-point de Courbevoie », « à droite », « à gauche », « en face » etc. Ces lieux définis tendent à instaurer un cadre réaliste. Cependant, on peut remarquer que vers la fin de l’extrait, les lieux se font moins précis « des terres remuées », « une sombre verdure de forêts » ce qui pourrait indiquer une rupture dans le récit et le début de l’action, d’un événement important.
Les indices de temps sont principalement des verbes au plus-que-parfait « était mis », « avait dit » pour les actions et à l’imparfait pour les descriptions « indiquaient », « apparaissaient ». Le plus-que-parfait est un temps utilisé pour indiquer une action antérieure dans un récit au passé simple. On peut donc supposer que cet extrait est une analepse, un retour en arrière dans un autre récit au passé. Cet élément confirme le fait que nous ne sommes pas encore dans l’action, que nous sommes dans la mise en place du cadre de l’histoire avant l’arrivée d’un événement important. On remarque aussi qu’au départ, on a un « ciel clair du matin » et qu’ensuite « le soleil commençait à brûler les visages », là aussi nous avons une rupture qui confirme l’idée précédente.
 
  1. Comment nous est décrit le personnage dans cet extrait ? Peut-on en déduire sa psychologie ?
 
Dans cet extrait, La Thénardier nous est décrite comme un monstre. Elle est comparée à un éléphant, à une ogresse. On nous rapporte les pensées des gens la connaissant « C’est un gendarme », « C’est un charretier », « C’est un bourreau ». On dit qu’elle est « de la race de ces sauvagesses colosses » , qu’elle a « l’aspect d’un écumoire ». Elle est laide et forte : « elle se vantait de casser une noix d’un coup de poing », « tout tremblait au son de sa voix ». dans sa description, Victor Hugo utilise des séries d’adjectifs « grande, blonde, rouge, grasse (…) » qui donne l’impression que le personnage est immense, qu’on ne peut presque pas le décrire tant il y a à dire sur lui. Même au repos, « il lui sortait de la bouche une dent » pour ajouter encore plus d’horreur au personnage. De sa psychologie, on peut déduire qu’elle est cruelle « c’est un bourreau », « tout tremblait au son de sa voix ». Elle a une forte personnalité « elle faisait tout dans le logis », « elle jurait splendidement ». Elle a malgré tout lu des romans qui parfois la rendent plus humaine  « faisait bizarrement reparaître la mijaurée sous l’ogresse ». On a du mal à croire que c’est une femme (ligne 6-7). Elle boit, elle a de la barbe. C’est presqu’un homme, ce que confirme sa description physique « large visage », « charnue, carrée, énorme ». Tous ces éléments nous laissent penser qu’elle est volontaire, qu’elle décide de tout et est despotique et orgueilleuse.
 
  1. Quelle focalisation est utilisée par le narrateur ?Quelles autres focalisations connaissez-vous ?
 
Dans cet extrait, le narrateur est un personnage, il y a utilisation de la 1ère personne « j’habite », « il me semble », « j’étais ». Le récit est subjectif, le narrateur exprime ses pensées « il me semble », « je pouvais penser », « je n’ai plus qu’une pensée, qu’une conviction, qu’une certitude ». L’utilisation des points d’exclamation va dans ce sens également. Le narrateur nous parle de son passé « j’étais libre », « c’était toujours fête ». Tous ces éléments nous permettent de déduire que la focalisation utilisée est une focalisation interne.
Nous connaissons également la focalisation externe où le narrateur n’est que témoin de l’histoire et limité à sa propre perception. Il est objectif, ne porte pas de jugement personnel. Les personnes utilisées sont le plus souvent les 3ème personnes du singulier et du pluriel.
Il y a aussi la focalisation omnisciente. Le narrateur sait tout et en particulier les pensées des personnages et leur passé.
 
  1. Quelle peut être la visée de ce texte ?
 
Ce texte peut avoir pour visée de dénoncer la guerre. Il est en grande partie ironique. En effet, au début, on fait l’éloge de l’armée à l’aide d’hyperboles et de superlatifs absolus « si beau, si leste, si brillant, si bien ordonné », « harmonie ». Ensuite, les machines commencent à tuer des hommes « les canons renversèrent d’abord à peu près six mille hommes ». La guerre semble assez propre et magnifique. Le meilleur exemple de cette ironie est « la mousqueterie ôta du meilleur des mondes environ neuf à dix mille coquins qui en infectaient la surface ». Les hommes « infectent » la surface de la Terre, c’est une image tout simplement horrible. Le terme « boucherie héroïque » va également dans ce sens : on tue des hommes comme des animaux de manière héroïque ? C’est tout simplement inimaginable.
On montre ensuite l’horreur de la guerre et en particulier pour les civils massacrés par les militaires pour les bons plaisirs des rois qui « faisaient chanter des Te Deum » à travers des descriptions crues et réalistes : « vieillards criblés de coups », « femmes égorgées », « membres palpitants », « des cervelles étaient répandues », « filles éventrés ». Les deux camps sont d’ailleurs touchés, aucun des deux pays en guerre n’est épargné. Et ce sont les « héros » qui causent tous ces malheurs et la guerre n’est qu’un « théâtre ».
Ce texte dénonce la boucherie de la guerre et le massacre des civils pour l’amusement des rois.
 
  1. Repérez les ruptures chronologiques et commentez.
 
Dans ce récit, on est en face d’une série de prolepses et d’analepses.
Les deux premiers paragraphes se déroulent au moment de la narration. Les verbes sont à l’imparfait car on décrit une scène « était », « avait », « contenait ». Malgré cela, on a également une série de verbes au plus-que-parfait qui renvoient à un passé antérieur et annonce le retour en arrière suivant « avait donnée », « avait promis », « était parti ». On a également un verbe au passé simple « regarda » qui est le temps dominant du récit. Du début du 3ème paragraphe jusqu’au mot « caoutchouc » nous avons une analepse qui nous raconte un peu l’enfance de Stanley. Elle a pour but de faire sympathiser le lecteur avec le personnage, de le rendre agréable et mignon « il jouait avec ses peluches ». On a ensuite un retour vers la narration normale « essayait », « pensait-il » et une courte prolepse quand Stanley se demande s’il se fera des amis. Le fait qu’il se demande cela introduit un nouveau retour en arrière qui va nous expliquer qu’avant « il n’avait pas d’amis du tout ». Cette analepse permet de décrire le personnage car il est rejeté par les autres à cause de son poids. On rend le personnage pitoyable et digne de la pitié du lecteur. « Un peu plus tard, ce même jour, Stanley avait été arrêté » Après cette phrase, on a un nouveau retour vers la narration normale au passé simple afin de mettre en place un peu de suspense. On veut savoir pourquoi il a été arrêté mais l’auteur nous empêche de le savoir. Le dernier paragraphe nous permet d’en savoir un peu plus sur les raisons de sa condamnation, mais nous n’avons rien de précis.
Ainsi, pour conclure, nous pouvons dire que la série de ruptures chronologiques sert à rendre le personnage sympathique et innocent aux yeux du lecteur et à instaurer une forme de suspence et de questions dans l’esprit du lecteur.

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