Par Thomas Sergent
Faire voir : Quoi ? Comment ? Pour quoi ?
17. La suprématie de l’image : réalité ou mythe ?
Aujourd’hui que la télévision s’est introduite dans tous les foyers, que la réclame foisonne dans les boîtes aux lettres et que les journaux multiplient les photos chocs, il est certain que l’image est partout. Mais de là à dire qu’elle domine les autres formes de communication …
En réalité, l’image ne pourra jamais s’affranchir de l’écrit parce qu’elle ne peut pas être autonome. Le texte se suffit à lui-même alors que c’est la légende qui donne un sens à l’image. Les images viennent souvent agrémenter la lecture, mais ne sont pas indispensable à la compréhension d’un récit. L’image ne peut donc pas se passer de l’écrit.
D’autre part, même si l’image est certainement compréhensible par tous, elle n’amène pas pour autant à la réflexion. L’image ne peut pas retranscrire dans son intégralité un raisonnement et les informations qu’elle peut livrer à son public restent très limitées.
Si les mots peuvent se passer de l’image, une image sans légende reste muette : on peut lui faire dire n’importe quoi. Elle est par nature polysémique, elle n’a pas de signification propre.
Enfin, on croit regarder la télévision, alors que les informations transitent en grande partie par la parole. Sans le son, les informations ne nous parviennent plus et nous pouvons alors interpréter les images comme bon nous semble. Ainsi, même le bastion de « l’information par l’image » reste largement tributaire de la parole.
L’image est une représentation du réel, mais elle reste du domaine de l’émotion, du symbole, alors que l’écrit permet une réflexion rationnelle et suivie. Plutôt qu’une suprématie, il est plus juste de parler de coexistence pacifique.
Tags : suprematie_image
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